Berbérine et SII / SIBO : info ou intox ?
Je suis toujours très surprise lorsque la berbérine est préconisée pour “combattre” une dysbiose, que l’on parle de SII ou bien de SIBO car, en réalité, ce principe actif naturel n’a absolument aucun impact ni sur l’inflammation entérocytaire, ni sur la flore gastro-intestinale, dans sa fraction bactérienne comme dans sa fraction fongique.
En revanche la berbérine (alcaloïde extrait de l’écorce des plantes de la famille Berbéris) présente des propriétés, scientifiquement soutenues et démontrées par une ample bibliographie, dans :
- la régulation du métabolisme lipidique
- la gestion de l’hyperglycémie
- le traitement de la dyspepsie
Rappelons donc ce qu’est la dyspepsie
“La dyspepsie correspond à un ensemble de symptômes de douleur ou de malaise épigastrique (région supérieure de l’abdomen) dont l’origine se situerait au niveau de l’estomac ou des structures proches”.
Les différentes études et publications au sujet de l’action de la berbérine indiquent en particulier une efficacité :
- sur la normalisation de la motilité gastrique
- en faveur d’un soulagement de l’hypersensibilité viscérale
- d’inhibition de l’inflammation
- de réduction de l’hypersécrétion gastrique
On peut donc en conclure que la berbérine est un allié contre les symptômes dérivant de troubles fonctionnels à charge du tube digestif “haut” (œsophage, estomac et duodénum) mais n’a aucun pouvoir résolutif sur les causes profondes de ces troubles.
Dans le cas d’une approche globale visant à rééquilibrer le microbiote en vue d’un retour à l’équilibre, la prise de ce principe actif naturel devrait donc être envisagée comme une intervention symptomatologique (palliative des symptômes donc). C’est par conséquent une mesure co-adjuvante de la prise en charge qui sera à prolonger (de manière continue) tant que les facteurs de risque à la racine des symptômes ne sont pas résolus.